Il fait beau mais Mohamed broie du noir

Insouciance et légèreté…, le grand soleil de samedi après-midi sur la capitale est pourtant une belle invitation à flaner, la tête vide, le long du Canal.  Le parc Villemin est plein, avec comme d’habitude, plusieurs groupes d’exilés au milieu des Parisiens et des enfants.

A quelques pas de là, au centre d’accueil de jour, une réunion d’information pour les exilés organisée par le collectif de soutien du 10e, commence. Il y a plusieurs bénévoles, dont un Afghan d’une cinquantaine d’années, pour la traduction, et une ancienne salariée de France terre d’asile pour expliquer les procédures et lois régissant l’asile en Europe.

Du thé, des biscuits, des fruits, la table est conviviale et la lumière est belle. Mais sur le visage de la petite trentaine d’exilés, dont deux mineurs de 16 et 17 ans, nulle trace de détente. Mohamed, le cinéaste, est même complètement déprimé. Il passe son temps à dormir, « il faut que je récupère, ça fait des années que je cours », m’explique-t-il avec un petit sourire triste. Il y a quelques semaines, il avait pourtant commencé à tourner un film, mais le projet a capoté et il n’a pas le courage pour l’instant de le relancer. Le scénario est pourtant assez coquace. Elisabeth, la réalisatrice, qui voulait lui donner un coup de main, m’a résumée l’intrigue. « Le film racontait l’histoire de deux gars, l’un se faisant passer pour un Américain, l’autre pour un Afghan, qui intérrogent les Français dans la rue pour comprendre pourquoi ils se réjouissent de la victoire d’Obama, alors que celui-ci a promis plus de soldats en Afghanistan, que sur les 4 bombes lancées par les Américains, 2 tombent sur l’Afghanistan, etc. C’est seulement à la fin du film que l’on aurait su que ces deux personnages sont des réfugiés et qu’ils vivent dans le square ». Malheureusement, le type avec qui Mohamed a commencé à tourner a disparu dans la nature et du même coup, sa motivation de faire aboutir son projet.

olivier Jobard/Sipa/MDM

olivier Jobard/Sipa/MDM

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1 commentaire

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Une réponse à “Il fait beau mais Mohamed broie du noir

  1. Alain Rousvoal

    Nous distribuons tous les dimanche avec les restos du coeur des repas dans la rue….
    C’est bien que ce site existe pour faire prendre conscience des conditions d’existence de ces jeunes.. et témoigner
    Nous faisons de notre coté notre possible pour leur apporter des vêtements, de la nourriture et un peu de chaleur.

    Alain responsable du camion de la gare de l’est.

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